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La transformation sociale, objectif du 5ème colloque international du CRISES

Ellyx s’est rendu à Montréal pour le 5ème Colloque International du CRISES « Des émergences à la reconnaissance. Trajectoires d’innovation », les 6 et 7 avril 2017. Petit retour sur cet événement devenu aujourd’hui incontournable dans le paysage de l’innovation sociale…

Un objectif partagé de transformation sociale

Les recherches sur l’innovation sociale ont déjà un passé, puisqu’elles ont émergé dès les années 70-80, en réponse à la crise du fordisme. Mais elles suscitent un regain d’intérêt depuis la crise de 2008 et ce colloque a été l’occasion de réfléchir collectivement à l’avenir et à la poursuite des travaux, pour qu’ils soient plus pertinents devant les défis sociaux et écologiques à relever. Ces défis sont en effet nombreux et urgents : explosion des inégalités, crises politiques et sanitaires, difficultés à faire société, incapacité de la planète à renouveler les ressources au rythme auquel nous les consommons, réchauffement climatique, etc. Face à cela, les participants ont été unanimes : il n’est plus possible de se contenter d’arrangements à la marge. Les équilibres et les façons de faire qui prévalaient jusqu’à aujourd’hui ne font plus recette face aux problèmes sociétaux et environnementaux auxquels nous avons à faire face. L’enjeu est désormais de parvenir à générer des transformations sociales d’ampleur, à tous les niveaux de la société, dans un sens de progrès écologique et social. Comment les innovations sociales dans leur diversité évoluent-elles en lien avec ces grands enjeux ? Comment la recherche peut elle appuyer ces initiatives pour qu’elles s’inscrivent effectivement dans des transformations institutionnelles en capacité d’y répondre ? Quelles pistes peuvent être explorées pour permettre des changements significatifs ? Ces questions ont introduit tous les travaux et au-delà de cet objectif commun, des propositions ont exploré différentes voies pour y parvenir.

Différentes voies engagées mais peu de concrétisation stratégique

Les espaces d’expérimentation, les initiatives hors normes, les marges peuvent inspirer et questionner l’ordre établi. Mais les transformations en profondeur n’adviennent que lorsque la pression au changement est suffisamment forte pour que le régime conventionnel n’apparaisse plus en adéquation avec le contexte dans son ensemble, lorsqu’il ne parvient plus à produire du sens et des conditions de vie collectivement désirables. Innover « par le bas » ne suffit plus si les logiques doivent changer de haut en bas et de bas en haut.

En premier lieu, la question du changement d’échelle se pose donc pour passer du projet contextualisé à l’action sur le contexte même. « Scale up » ou « scale deep », les conditions de diffusions de l’innovation sociale ont ainsi été interrogées. Les travaux de chercheurs géographes de l’Université Grenoble Alpes, Kirsten Koop, Pierre-Antoine Lander et Marie-Christime Fourny, distinguent ainsi trois figures spatiales de la dissémination des innovations sociales : le lieu, le réseau alternatif extra-territorial et le réseau transformatif intra-territorial. Ces figures permettent de comprendre comment des changements peuvent advenir et sous quelles conditions : le lieu renvoi à la création de mondes de vie fortement alternatifs mais clos sur eux-mêmes, inscrits dans des réseaux alternatifs qui peuvent dépasser la proximité géographique, mais sont restreints à une proximité idéologique forte. Ces innovations sociales « lieu » ou « réseau alternatif » n’affectent finalement que très peu le contexte au sein duquel elles se déroulent. Pour que des transformations en profondeur puissent advenir, un « réseau transformatif » doit être mis en œuvre, en interaction avec la population, avec les institutions et les acteurs de toutes les sphères de la société.

Parvenir à distinguer des innovations sociales fortes et des innovations sociales faibles est également apparu comme un enjeu important, notamment pour caractériser le modèle de société qui les sous-tend. La posture du chercheur ne peut plus être une posture surplombante et neutre dans ce cadre. Que ce soit en terme d’éthique, pour parvenir à construire une relation horizontale et constructive avec l’ensemble des acteurs de l’innovation sociale, comme en terme d’engagement, la recherche doit également réfléchir à son utilité sociale.

Enfin, la question de la place des acteurs politiques dans ces transformations est apparue de manière récurrente. Différentes présentations font ainsi état du retrait, voire de l’absence des pouvoirs publics dans les dynamiques d’innovation sociale. L’importance du rôle des acteurs politiques dans un cadre de transformation sociale est pourtant reconnue. Ces derniers sont évoqués et invoqués comme un rouage indispensable de la transformation sociale. Plusieurs analyses en appellent à davantage d’ouverture, encouragent une co-construction plus assumée, dans une perspective d’approfondissement démocratique et de construction collective de l’intérêt général. Par moment, ces éléments ont toutefois pu paraître un peu désincarnés, encore lointains, comme si l’ampleur de la tâche nous laissait malgré tout quelque peu désemparés.

Consolider une voie politique pour une innovation sociale transformatrice

Innover socialement en vase clos n’est en effet plus de mise. Mais comment s’engager sur cette voie de la transformation sociale ? L’innovation sociale s’inscrit dans des évolutions fondamentales concernant l’Etat social, l’évolution du rôle des acteurs publics et privés dans la fabrique de l’intérêt général, la redéfinition du rôle de l’entreprise dans la société… Il nous faut pour peser sur ces évolutions abandonner une certaine posture défensive, qui se méfie aussi bien de la normalisation des innovations sociales que de leur critique. Le refus de la critique conduit en effet à construire un secteur dédié, balisé et unanime de l’innovation sociale. Il est certes possible de trouver reconnaissance et légitimité au sein de ce secteur, et si nous sommes alors chaudement enveloppés dans nos convictions, nous nous situons néanmoins aux antipodes de l’action transformatrice. Le refus de la normalisation quant à lui permet certes de réhabiliter des marges, mais il les empêche simultanément de devenir les nouvelles normes…

Produire de nouvelles normes, plus justes et plus soutenables est pourtant l’objectif de l’innovation sociale transformatrice. Il ne s’agit pas d’en rester au partage des valeurs, mais d’arriver à construire les stratégies d’innovation et de changement. Il ne s’agit pas d’en rester au diagnostic et à la déclaration d’intention, mais de penser en terme d’impact. C’est une posture politique que nous choisissons d’adopter. Cette posture n’est pas uniquement politique partisane, structures politiques ou instruments de gouvernement. Elle relève premièrement de la politique au sens de la capacité à discuter du cadre général de la Société, pour traiter de ses affaires communes à tous, dans un sens de justice et de soutenabilité.

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