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L’uberisa… quoi ?

Quelle économie voulons-nous ?

On lui a donné un nom, elle a même désormais son propre observatoire. Elle est passée par plusieurs phases, du « partage » au « commun » en passant par le Do it yourself. Suscitant tour à tour un enthousiasme si utopique qu’il en devient presque suspect ou, à l’inverse, toute la méfiance que l’on peut accorder à la nouveauté, celle que l’on nomme « économie collaborative » s’est muée dans un processus que l’on dit d’ « uberisation ».

Les joies de l’indépendance

Poussant toujours plus loin les frontières de l’individualisme, cette économie d’un mode inédit entend tirer profit de la tendance croissante de l’entrepreneuriat solitaire, de ces anciens salariés qui, par choix ou par nécessité, se sont tournés vers l’indépendance. Elle permettrait à tous de gagner une part du gâteau du secteur florissant des services, qu’il s’agisse de transport, de logistique, de services à  la personne ou de conseils. Ainsi libérés du joug du patronat et de la hiérarchie, ces travailleurs indépendants seraient libres de mener leur activité comme bon leur semble, sans contrainte ni cadre. Les sociétés pour lesquelles ils travaillent – pardon, dont ils sont partenaires, leur offrent le choix de servir autant de clients qu’ils le souhaitent, pendant autant d’heures qu’ils le veulent et d’être rémunérés en conséquence : on a ce qu’on mérite… En revanche, bien entendu, toute collaboration peut prendre fin à la moindre insatisfaction, de part et d’autre. Libres, vous dit-on.

Au nom du saint service

Effectivement, il serait idiot de ne pas penser que cette nouvelle approche pourrait être une réponse à l’inactivité subie. On ne demande rien d’autre à ces travailleurs que de la motivation et une envie de travailler… pour soi bien sûr. Pas d’entretiens à foison, pas de Bac+5 exigé pour vendre des sandwichs, pas de méfiance sur le lieu d’origine. Juste l’opportunité de travailler et de gagner sa vie.

Pour autant, il demeure une sensation étrange de déjà vu. Ou davantage un reliquat d’un ancien temps, où les travailleurs étaient des machines-outils interchangeables, associé à une image de modernité où tout est consommable. Le livreur à vélo, le chauffeur de taxi, l’agent d’entretien et même le consultant, peu importe de qui il s’agit, peu importe son nom ou son visage : il est un individu voué à rendre un service. Il le fera bien, du mieux qu’il peut, de manière à vous satisfaire pleinement… et toujours à moindre coût. Si celui-ci ne me convient pas ? Eh bien, j’en changerai, j’ai le choix : une palette de milliers de possibilités se présente à moi. Je n’ai qu’à… cliquer.

Transformer les règles du jeu

Qu’est-ce que cela dit de nous ? Que nous sommes parvenus à trouver une solution au chômage ? Que nous avons réussi à nous libérer de cadres d’actions restrictifs et pensés pour le bénéfice de quelques uns ? Que nous avons le choix de nous prendre en main pour nous sortir de conditions précaires ?

En réalité rien de tout cela. Les statistiques alarmantes gommées par l’activité de ces indépendants cachent l’autre côté du miroir, à savoir des situations de travail qui ne promettent rien d’autre qu’une compétition exacerbée entre des individus prêts à sacrifier toute protection pour pérenniser leur activité. Ils se jouent de règles du jeu – qu’il conviendrait, certes, de repenser pour partie – au nom du droit au service pour tous, sans se rendre compte qu’une part de ces règles a été établie pour garantir des conditions de travail tenables. Sous couvert d’une forme d’anarchie réglementaire – ni dieu ni patron – cette société « uberisée » voudrait nous convaincre que notre destin est entre nos mains et qu’il suffit de vouloir pour pouvoir. Mais que peut réellement celui qui se présente comme un individu parmi des milliers au service de quelques uns ? Quel sort est réservé à celui qui sera troqué du jour au lendemain pour un autre moins cher ? Quel avenir se profile aux yeux de celui qui ne peut vivre qu’au jour le jour ? Quelle estime de soi construit-on à n’être qu’une photo sur une « plateforme collaborative » ?

Plutôt que de clamer des slogans de pseudo-liberté fleurant bon le marketing abusif, ne peut-on pas concilier « nouvelles formes du travail » et nouveaux modes d’organisation, qui chercheraient à garantir au travailleur des conditions d’activité et de vie supérieures ? Faut-il à ce point transformer notre société en jungle pour lui donner un air d’authenticité ? Notre vie sociale, par sa nature-même, a besoin de règles du jeu pour perdurer. Il ne s’agit pas tant de s’en absoudre que de les transformer pour le bien-être tous.  C’est cela que doit être l’innovation sociale.

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