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Mon colloque au Canada

Du 9 au 13 mai, Ellyx a participé au 84ème Congrès de l’ACFAS qui se tenait à Montréal, pour une intervention dans le cadre du colloque organisé par le CRISES et le CIRIEC, intitulé : « La reconnaissance du savoir en innovation sociale : vers une transformation sociale axée sur l’intérêt général ». Retour sur un séjour au pays de l’innovation sociale.

 

Nous parlons le même langage

Rassemblée au sein de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), toute la fine fleur de la recherche en économie et en innovation sociales était invitée à débattre des enjeux du transfert des connaissances et des pratiques entre chercheurs et acteurs de terrain, des conditions et des moyens de transformation sociale, des nouveaux défis de la recherche en sciences humaines et sociale (SHS) face aux besoins de la société. Au-delà de la renommée des intervenants (Benoît Lévesque, Juan-Luis Klein, pour ne citer qu’eux) et de la qualité des communications, est apparue une impression étrange et agréable de compréhension mutuelle : nous parlions la même langue ! Pas uniquement le français, non, mais le langage de l’innovation sociale. Bien sûr, l’inévitable besoin de préciser la « nécessaire définition de l’innovation sociale » a été exprimé, mais de façon si subreptice qu’il a semblé presque anecdotique. A observer les uns et les autres, il apparaissait que chacun comprenait de quoi il s’agissait : pas de sourcils froncés, pas de yeux plissés, pas de chuchotement à son voisin. Il n’y avait pas de doute, nous étions bien au Pays de l’Innovation Sociale.

 

Nous lui donnons un sens commun

En effet, la notion est largement appropriée par les acteurs, qu’il s’agisse de chercheurs, d’acteurs socio-économiques, de représentants de ministères. Elle fait la part belle à l’économie sociale et solidaire (ESS) et privilégie l’intervention de cette dernière comme troisième pilier de la société, aux côtés – et en complément – des sphères publique (gouvernementale) et privée (entrepreneuriale). L’innovation sociale est pensée comme un processus principalement ascendant, co-construit entre terrain et recherche, issu des territoires. Son aboutissement est son institutionnalisation, à partir de laquelle il n’y a plus d’innovation sociale mais un dispositif routinier, qu’il s’agit de réinventer pour produire à nouveau de l’innovation sociale.

En ce sens, c’est une vision assez proche de celle qui est diffusée en France par le courant de l’ESS. A ceci près qu’elle a une longueur d’avance en matière de partage et d’appropriation. Ainsi, les enjeux de l’innovation sociale au Québec ne sont-ils pas tant de l’ordre de la reconnaissance que de son impact réel et de son pouvoir de transformation sociale. En d’autres termes, la première génération d’innovation sociale, née des crises successives des trente dernières années, est désormais achevée ; il faut aujourd’hui lancer la deuxième vague d’innovation sociale, dans un contexte d’urgence sociale et écologique (B. Lévesque).

 

Mais notre accent est différent

Pour autant, au-delà de l’enthousiasme provoqué par cette approche, il nous a semblé que les horizons fixés n’étaient pas forcément les mêmes… et il n’est pas uniquement question de latitudes. En effet, qu’il s’agisse de la question de la co-construction, de l’approche territorialisée ou de la vision de l’institutionnalisation, nous avons trouvé des éléments de différenciation.

Tout d’abord, l’apparente nécessité de la co-construction des innovations sociales part du principe que les acteurs se situent à un même niveau de connaissances, de pratiques, de capacité. Bien sûr, si les divergences temporelles (le temps de la recherche n’est pas celui du terrain) et cognitives sont prises en compte et reconnues comme problématiques, elles n’en demeurent pas moins un moindre mal auquel il faut tenter de remédier. En revanche, il n’est pas envisagé que l’espace de conception de l’innovation sociale puisse être occupé par un autre type d’acteur dont ce serait le métier (l’innovateur social).

De plus, l’innovation sociale est principalement pensée sous un angle territorial, ce que l’ « approche française » partage également : elle doit naître localement, modestement, puis se dupliquer à plus grande échelle si elle s’avère pertinente. Or, c’est d’une part conférer aux acteurs locaux une capacité d’action et d’innovation probablement supérieure à la réalité, ou alors dans des cadres restreints ; d’autre part, c’est croire qu’une situation particulière est forcément généralisable et productrice des mêmes effets et impacts d’un territoire à l’autre. En d’autres termes, c’est penser des innovations sociales à petite échelle, qui n’auront que peu de pouvoir de transformation sociale.

Enfin, le phénomène d’institutionnalisation est vu comme une dilution de l’innovation sociale. Ce vers quoi il convient de tendre tout en ne le souhaitant pas réellement. C’est ici concevoir l’innovation sociale davantage dans son processus de création que dans les résultats qu’elle produit. Or, il nous apparaît que ce qui compte, finalement, c’est bien le changement opéré en faveur de l’intérêt général : une innovation sociale institutionnalisée est une innovation sociale qui a réussi à bouleverser l’ordre des choses, au niveau le plus élevé qui soit, à l’échelle d’une nation.

Ce que nous retenons de ce riche séjour, en définitive, c’est qu’il y a grand intérêt à s’inspirer de ce qui est fait au Québec en matière de diffusion et d’appropriation concrète et pratique de la notion d’innovation sociale. Pourtant, il y a une étape supplémentaire à franchir, ici et là-bas, pour que nous ne restions pas à l’état de notion, mais de réelle transformation. Pour passer de l’innovation sociale relative à l’innovation sociale de rupture.

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Ellyx

Fruit d’un optimisme et d’une volonté d’agir sur des problématiques structurantes de la société, Ellyx fait de l’innovation sociale le cœur de son activité et participe à l’émergence de solutions d’intérêt général.

Composée de chercheurs-consultants également entrepreneurs sociaux, Ellyx propose un accompagnement « sur mesure » et développe pour ses clients des projets à fort impact sociétal en s’appuyant sur des outils performants issus de sa recherche. Concevoir des solutions pour demain, créer de nouveaux services et produits, concrétiser des projets d’innovation, renforcer l’utilité sociale et économique, voilà notre mission !

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